Réforme de la SNCF, une refonte inévitable

03/04
2018
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Aujourd’hui, mardi 3 avril, a démarré un grand mouvement de grève de la SNCF, décidé en réaction à la réforme en cours, et prévu pour durer de longues semaines.

Ces 36 jours, disséminés parmi les 3 prochains mois et annoncés comme quasi nuls en terme de circulation ferroviaire, semblent à ce jour incompréhensibles et injustifiés en plus d’être très pénalisants pour tous les utilisateurs de trains.

En effet, les concertations initiées le 1er mars sont toujours en cours, les 3 mois de parcours parlementaire à l’assemblée nationale n’ont commencé qu’hier et la méthodologie d’application de cette réforme a déjà été revue puisque certains changements seront actés par propositions de lois et non plus par ordonnances.

Le dialogue est donc encore totalement ouvert, et le débat tout à fait possible.

 

Une seule certitude à ce jour : cette réforme est indispensable.

En effet, si environ 4 millions de voyageurs prennent le train chaque jour, force est de constater que ce service public auquel nous sommes tous très attachés n‘est plus optimal : retards de trains, mauvais état du réseau, incidents, temps de trajets trop élevés…

Et s’il contribue pleinement au développement économique, à l’aménagement du territoire, et la transition écologique, son coût de fonctionnement est trop élevé. 14 milliard d’euros soit une hausse de 22% en 10 ans.

La SNCF ce sont également 3 entités, SNCF Epic de tête, SNCF réseau et SNCF mobilités, qui ont chacune leur mode de fonctionnement propre, ce qui rend la compréhension du groupe plus difficile.

Voilà les raisons pour lesquelles cette réforme apparait aujourd’hui plus que nécessaire. Une réforme que nos voisins européens ont déjà pour la plupart engagée, alors que nous l’avions laissée de côté. Il est temps que cela change.

 

Et pour cela, le gouvernement a initié un plan d’action sur 4 grands thèmes

– L’ouverture progressive à la concurrence

C’est une stratégie attendue par les régions depuis longtemps et qui ne peut qu’être bénéfique puisqu’elle entrainera une baisse des coûts pour les usagers et forcera l’émergence de nouvelles offres, de nouveaux services.

 

– La remise à niveau des réseaux

C’est la condition sine qua non pour pallier aux problèmes de retard des trains.

Les lignes secondaires ont été sacrifiées pendant plusieurs décennies au profit du développement des lignes TGV. Nous devons réparer cette erreur et investir pour la modernisation de ces réseaux.

Et pour cela le budget attribué est colossal : 10 millions d’euros par jour investis pendant 10 ans.

 

– La fin du recrutement au statut

Cette mesure ne concernera que les nouvelles embauches, les salariés déjà en poste conserveront évidemment leur statut et les spécificités liées. Mais cette forme de recrutement n’est plus d’actualité notamment en période d’ouverture à la concurrence, mais aussi parce qu’elle est couteuse. Or la SNCF doit réduire ses coûts. Son tarif plus élevé de 30% par rapport à la concurrence n’est aujourd’hui plus justifiable.

 

– Une réorganisation globale de l’entreprise

Et non pas une privatisation. La SNCF deviendra société nationale à capitaux publics avec des titres incessibles.

Car de 3 entités il faut repasser à une seule, plus forte. Seule cette harmonisation permettra au groupe de se consolider.

Un seul interlocuteur pour répondre à chaque sujet, c’est la clé de l’efficacité.

 

Encore une fois cette réforme profonde n’est pas faite à l’encontre du groupe SNCF mais au contraire pour le renforcer face à la concurrence.

Son objectif est de protéger notre service public et d’offrir une qualité de service à chacun.

Et tout cela se mettra en place dans la concertation et le dialogue, comme c’est le cas depuis le 1er mars, car si les objectifs sont définis et validés, leur mise en application ne l’est pas.

La concertation est la méthode qui caractérise notre gouvernement, la seule qui soit efficace. Et qui a déjà fait ses preuves puisque des annonces fortes ont déjà été faites aux cheminots.

C’est également la méthode qui a été utilisée pour réformer le droit du travail, l’enseignement supérieur ou encore le logement.

Les trois mois de parcours parlementaire prévus ont démarré hier, ils permettront d’introduire des amendements dans le texte de loi pour l’enrichir et le rendre encore plus pertinent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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